Herbert Léonard, de son vrai nom Hubert Antoine Lœnhard, s’est éteint le 2 mars 2025 à l’âge de 80 ans. Icône de la chanson française, mais aussi auteur, passionné d’aviation et personnage médiatique discret mais durable, il aura laissé un héritage riche, entre tubes romantiques et livres techniques sur les avions de guerre. Retour sur la trajectoire unique d’un homme au talent pluriel.
Les années de formation : entre rock et appel du micro
Né le 25 février 1945 à Strasbourg, dans une famille modeste, Herbert Léonard découvre très tôt la musique. Il forme un groupe de rock adolescent, Les Jets, avant d’intégrer Les Lionceaux en 1966 comme guitariste. Son destin bascule cette année-là : un directeur artistique parisien le repère et le fait signer en tant que chanteur solo.
Premiers pas difficiles, premiers succès fragiles (1967-1977)
Malgré des débuts prometteurs, les premières chansons d’Herbert Léonard peinent à rencontrer leur public. En 1968, Quelque chose tient mon cœur marque une première reconnaissance. Mais un grave accident de voiture en 1970 freine brutalement sa carrière. Il revient sur scène en 1971, mais les succès restent confidentiels jusqu’à la fin des années 70.
La décennie d’or : tubes, tournées et duos (1980-1989)
C’est dans les années 1980 que Herbert Léonard explose au grand public. En 1981, le titre Pour le plaisir devient un véritable raz-de-marée, vendu à plus de 1,4 million d’exemplaires. Il enchaîne avec des tubes comme Puissance et gloire, Quand tu m’aimes, Laissez-nous rêver ou encore Sur des musiques érotiques.
En 1983, son duo Amoureux fous avec Julie Pietri est l’un des sommets de sa carrière. Il signe aussi des génériques emblématiques pour la télévision, comme Chateauvallon ou Navarro Blues. Il remplit l’Olympia et devient un visage familier du petit écran.
Carrière longue, passions multiples (1990-2010)
Herbert Léonard continue d’enregistrer tout au long des années 1990 et 2000, avec des albums comme Génériquement vôtre (2001) ou Aimer une femme (2002). Il participe à des comédies musicales, notamment Notre-Dame de Paris, et multiplie les tournées nostalgiques avec Âge tendre.
Passionné d’aviation, il publie plusieurs ouvrages de référence sur l’aviation militaire soviétique et allemande. Il reste l’un des rares artistes à combiner carrière musicale populaire et carrière d’auteur technique.
Les dernières années : fragilités, retour sur scène et hommage
En 2017, une grave embolie pulmonaire le plonge dans le coma. Il s’en remet avec courage et revient sur scène en 2017 lors de la croisière Âge tendre. Il continue de chanter jusqu’à 2020, date de sa dernière tournée.
En 2025, Herbert Léonard s’éteint à Fontainebleau d’un cancer du poumon. Ses obsèques se déroulent dans l’intimité, en présence de proches comme Julien Lepers.
Vie privée et passions
Herbert Léonard rencontre la chanteuse Cléo en 1967 et l’épouse en 2004. Leur fille Éléa, née en 1973, partage également sa passion pour la musique. Il résidait à Barbizon depuis les années 1990.
Discographie sélective
| Année | Titre | Remarques |
|---|---|---|
| 1981 | Pour le plaisir | 1,4 million de ventes |
| 1983 | Amoureux fous (avec J. Pietri) | Tube de l’été |
| 1985 | Puissance et gloire | Générique de Chateauvallon |
| 1987 | Quand tu m’aimes | N°3 au Top 50 |
| 2001 | Génériquement vôtre | Reprises de génériques TV cultes |
Publications majeures sur l’aviation
- Les Chasseurs Polikarpov (1981)
- Les Avions de chasse russes et soviétiques (1995)
- Les Stukas (1997)
- Tupolev : les Tu-2 à Tu-12 (1998)
- Encyclopédie des chasseurs soviétiques (2005)
- Stukas ! (2021)
Un héritage double : populaire et savant
Herbert Léonard laisse un double héritage. Celui du crooner romantique de générations entrières, et celui de l’auteur méticuleux d’ouvrages sur l’aviation. Un homme de passions, de scène et de plume, resté jusqu’au bout pour le plaisir… et pour le reste.

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