Retrouver un ancêtre marin morbihannais – Partie 1 : Les matricules des gens de mer



Comment restituer la carrière d’un marin ? Grâce à : Vidéo 2 – Les rôles d’équipage. Vidéo 3 : Annuaires, dossiers individuels, presse

Voici le transcript de la vidéo :

Pour cela, les sources documentaires sont assez diverses et peuvent être réparties en différentes catégories : pour les hommes, pour les navires et pour les campagnes en mer. Certaines sources documentaires sont à cheval entre ces différentes catégories, par exemple les rôles d’équipage, qui sont communs aux trois catégories, ou les immatriculations, entre les navires et les campagnes.

Nous n’allons pas pouvoir aborder tous ces documents, seulement ceux qui sont indiqués en rouge, et plus particulièrement les matricules des gens de mer, les rôles d’équipage, les annuaires et dossiers individuels, la presse officielle et les journaux, ainsi que quelques autres sources.

Les matricules des gens de mer

Commençons donc par l’immatricule des gens de mer. Ces matricules permettent de restituer toute la carrière d’un marin, aussi bien du matelot que de l’officier, et aussi bien pour la marine de guerre (surnommée « La Royale »), la marine marchande, la baleinière, que la pêche.

Ces matricules ressemblent beaucoup à ce que vous connaissez déjà pour les soldats de la guerre de 14-18. Vous avez une en-tête qui reprend le signalement de l’individu et les principaux événements le concernant, et une seconde partie qui concerne les différents embarquements. Au lieu des régiments, ici ce sont des navires.

Ces matricules ont été créées à l’origine par [Musique] Colbert pour mettre en place le système ou l’administration des classes, en 1669, système qui a été renommé en 1795 « inscription maritime ». Ces matricules permettaient à la marine militaire de connaître les ressources humaines disponibles pour ses navires, alors qu’elle ne disposait pas encore de marins de métier, à part les officiers d’état-major.

Statuts et informations figurant dans les matricules

Les marins indisponibles pour le service étaient ceux qui étaient en mer pour les campagnes civiles, ceux qui étaient malades, blessés ou infirmes, les prisonniers de guerre ou de droit commun, les déserteurs, les morts, les disparus en mer, et aussi les retraités, c’est-à-dire ceux qui étaient hors de service après 50 ans.

Les effectifs les plus convoités étaient les spécialistes brevetés, ceux avec des certificats de bonne conduite, les médaillés d’une campagne, et ceux qui étaient promus rapidement. Toutes ces informations apparaissent sur les matricules.

La carrière d’un marin ne tient généralement pas sur une seule matricule ou sur une seule feuille. Il y a donc des références qui sont reportées d’une matricule à l’autre. Vous avez, sur la feuille, les signalements et événements dans l’en-tête, l’embarquement dans la deuxième partie, le numéro de la matricule en cours, la référence de l’ancienne matricule, et plus bas la référence de la matricule suivante.

Le signalement dans l’en-tête

En faisant un focus sur l’en-tête et plus particulièrement sur le signalement, vous avez différentes informations :

  1. Le nom et le prénom du marin.
  2. La date et le lieu de naissance, ici à Quiberon.
  3. Le nom et le prénom des parents.
  4. Les caractéristiques physiques : taille, cheveux, front, etc. Au XVIIIe siècle, c’était beaucoup plus simple, il y avait juste la taille, abrégée en P pour petit, M pour moyen ou H pour haut, et la couleur du poil (châtain, noir, blond, brun). Par exemple, « TM PCH » ou « MCH » signifie « taille moyenne, poil châtain ».
  5. Le lieu de résidence, ici à Saint-Pierre.
  6. Le nom du conjoint avec la date du mariage, le prénom des enfants avec leurs dates ou années de naissance, et le nombre de frères inscrits, parfois avec le prénom et le numéro de matricule.

Il faut faire attention, car ces dates sont parfois inexactes, ou les listes incomplètes pour les enfants ou les frères. Il s’agit surtout de mentions pour les soutiens de famille dispensés de service ou pour les pensions de veuve.

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Les principaux événements de carrière dans l’en-tête

Les principaux événements de carrière figurent aussi dans l’en-tête : les grades au service (novice, mousse, matelot de troisième classe – par défaut à 18 ans –, puis deuxième et première classe, quartier-maître, second maître, etc.), la spécialité (gabier, charpentier, mécanicien…), les dates d’incorporation, de mise en service, d’obtention de la pension ou de la demi-solde.

Vous pouvez avoir les actions d’éclat, les récompenses (BC pour bonne conduite), parfois dans la même case les blessures et les infirmités qui justifient le classement hors service avant l’âge de 50 ans ou la pension d’invalidité. Le détail de la décision du conseil de santé n’apparaît généralement pas.

Les embarquements

La grande grille fait partie de la matricule. Nous avons plusieurs colonnes :

  • Dans la première, le nom du bateau ou de l’unité d’affectation interne lors du service, parfois suivi du type de bateau, par exemple « vx » pour vaisseau, « ch » pour chaloupe, ou « c » pour canon.
  • Dans la deuxième colonne, le port avec les numéros d’armement (par exemple, Sèc. 168, Dunkerque 22, Île de Ré, etc.) et aussi le port de désarmement du bateau. Ces informations seront utiles pour retrouver les rôles d’équipage de pêche et du commerce.
  • La destination du bateau : navire d’État, de pêche ou de commerce. On trouve des abréviations comme PP (petite pêche), PL (pêche au large), LC (long cours), Cab (cabotage).
  • Les ports et dates d’embarquement, puis de débarquement.
  • La fonction à bord, souvent abrégée (Mop ou MT pour matelot, QM pour quartier-maître).
  • Le temps de service à l’État, au commerce ou à la pêche, en mois et en jours.

Toutes les condamnations justifiant l’indisponibilité sont précisées. Vous pouvez avoir sur une ligne les périodes à terre pour le repos ou la maladie, qui se déduisent par l’absence d’embarquement. Sur la dernière ligne, vous trouvez la matricule suivante ou la fin de carrière (décès au domicile, disparition en mer, radiation pour grande vieillesse, renonciation à la profession maritime…).

Catégories de matricules

Il existe différentes catégories de matricules. Vers l’âge de 10 ou 16 ans, on était inscrit dans les registres des mousses. Vers 16-18 ans, dans ceux des novices. Vers 18-50 ans, dans les registres des matelots et officiers mariniers. À partir de 50 ans, ou plus tôt en cas d’invalidité, dans les registres des hors de service. Ces registres, en 1865, ont été renommés « inscrits provisoires » pour les mousses et les novices, et « inscrits définitifs » pour les matelots et officiers mariniers.

Sachez que ces registres existent depuis des dates précises (citées dans la documentation). Il existe d’autres matricules pour les capitaines au long cours, les maîtres de cabotage, les pilotes, les ouvriers des ports, les chauffeurs, les mécaniciens. Il existe encore d’autres matricules pour les marins d’État, à partir de l’Empire. Ces matricules ont pris fin vers 1950, remplacées par des fiches individuelles, puis informatisées.

Méthodes de recherche et localisation des matricules

Les immatriculations étaient dressées par quartier et syndicat maritime, dont dépendait le domicile de l’inscrit, par catégorie de gens de mer (mousses, novices, matelots, etc.) et par tranche de 10 à 20 années. Toute une carrière est donc consignée dans plusieurs volumes, avec un nouveau numéro de matricule pour le marin. Comme vu précédemment, on peut naviguer de matricule en matricule grâce aux références de l’ancien numéro et du numéro de report.

En cas de changement de domicile, il y a une immatriculation dans le nouveau quartier maritime. Si vous ne connaissez pas le numéro de matricule, vous avez des tables alphabétiques, parfois communes à plusieurs volumes. La recherche peut être facilitée si une indexation existe sur le site des Archives (ce qui n’est pas le cas pour le Morbihan, mais c’est le cas pour la Loire-Atlantique).

Lire  Retrouver un ancêtre marin morbihannais – Partie 2 : Les rôles d’équipage

Les quartiers maritimes dans le Morbihan

Dans le Morbihan, il existe aujourd’hui 3 quartiers : Lorient, Auray et Vannes. Mais lorsqu’ils ont été créés vers 1700, il y en avait plus : Port-Louis, Belle-Île, Auray, Vannes. Au cours des siècles, il y a eu des restructurations, des fusions, des éclatements, notamment entre Vannes et Auray, entre Port-Louis, Groix, Hennebont, et concernant Concarneau, qui dépendait de Quimper à l’origine mais a été rattaché à un moment donné à Port-Louis et Lorient.

Les archives de ces quartiers maritimes sont conservées principalement au Service historique de la Défense (SHD) à Lorient, en série P, sachant qu’il y a une numérisation en cours par les Mormons, qui devrait être disponible sur Internet dans le courant de l’année prochaine.

Vous avez aussi, aux Archives nationales, au carton série Marine C4, des matricules pour le quartier de Vannes dans les années 1780. Dans ces matricules, vous avez également Auray, alors qu’au SHD à Lorient, Auray ne commence que dans les années 1850. Au Service historique de la Défense à Vincennes, en série Marine CC4, vous avez des matricules pour les capitaines et pilotes au XIXe siècle.

Pour les marins d’État, c’est une autre série de matricules, également au Service historique de la Défense à Lorient, pour les Morbihannais, en série M, sinon voir les autres services historiques de la Défense (Brest, Cherbourg, Rochefort, Toulon).

Exemple de matricule ancienne

Voici une matricule du XVIIIe siècle. Vous voyez qu’elle a une présentation complètement différente de celle de la fin du XIXe que nous avons vue précédemment. Comme pour un acte de mariage, plus nous remontons dans le temps, moins les informations sont précises. Tous les embarquements ne sont pas détaillés, notamment pour la petite pêche. En cas de guerre, le suivi des carrières est assez difficile. Il est nécessaire de recourir aux rôles d’équipage qui mentionnent les transferts entre navires.

Une matricule reste quand même très intéressante pour la filiation (avec les précautions que nous avons vues précédemment) et pour les anecdotes qui n’entrent dans aucune case prévue. Elle permet aussi d’expliquer les intervalles intergénésiques parfois très importants entre les enfants, et de retrouver la date et le lieu d’un décès à l’autre bout du monde, ou une disparition en mer qui ne sont pas toujours retranscrites dans l’état civil.

Vous avez ici quelques exemples de mentions : « tombé à la mer et disparu ». Voilà, là c’est une disparition suite à une tempête en juillet 1888. Ici, une autre disparition en mer : le navire a disparu corps et biens lors d’une traversée entre Bayonne et Nantes.

Alors ensuite on peut synthétiser le résultat de toutes ces matricule et faire un suivi d’une carrière donc vous avez ici la carrière d’amarin de l’âge de 10 ans jusqu’à j’ai arrêté à 47 mais elle se prolonge jusqu’en 1900 cette carrière et vous pouvez mettre en couleur les différentes types de navigation donc là en bleu c’est pour la pêche ici en orange rouge c’est pour le la marine royale la Marine nationale mais vous pourriez mettre aussi s’il y avait de la marine de commerce vous pourrez mettre une autre couleur ce que constate aussi c’est qu’on peut mettre en évidence par exemple différents types de campagnes de pêche vous avez par exemple ici on distingue bien à une campagne l’été voilà une campagne d’été qui s’effectue souvent à la sardine et des campagnes de pêche des campagnes de pêche en hiver et donc ce marin qui était qui était aussi patron de son propre bateau en été donc là vous avez les différents mois


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