Retrouver un ancêtre marin morbihannais – Partie 3 : Annuaires, dossiers individuels, presse



Comment restituer la carrière d’un marin ? Grâce à : Vidéo 1 – Les matricules des gens de mer. Vidéo 2 – Les rôles d’équipage.

Voici le transcript de la vidéo :

Alors, voyons maintenant les annuaires et dossiers individuels.

Les annuaires de la Marine

D’abord, les annuaires de la Marine : il en existe depuis 1769. Ils ont porté différents noms au cours des siècles et ils sont disponibles sur le site Gallica de la BNF. Le premier remonte à 1811, et ensuite vous avez principalement les annuaires de 1759 à 1948, sauf quelques lacunes.

Ces annuaires concernent principalement des officiers et les cadres de la Marine royale, puis de la Marine nationale. Cela concerne des militaires mais aussi des civils, comme les ingénieurs, les commis, les chirurgiens, des professeurs qui étaient en service dans les bureaux ainsi que sur des navires, en France et aussi en outre-mer. Il faut savoir que l’artillerie et l’infanterie de Marine étaient rattachées au ministère de la Marine jusqu’en 1900 ; ensuite, elles ont été rattachées au ministère de l’Armée de terre.

Vous avez ici différentes présentations : les plus complètes remontent à 1838. Vous allez, par exemple, dans la première partie de ces annuaires, trouver des renseignements par bureau, par navire ou par corps. Là, vous avez un bâtiment armé avec tout l’état-major. Puis, vous avez une deuxième partie qui concerne les renseignements par grade, avec les dates de naissance, le port d’immatriculation (T comme Toulon, L pour Lorient, Ch pour Cherbourg, B pour Brest), le nom de l’individu, les dates de promotion. La date de promotion ici… On garde le lien dans le vaisseau, et puis là ce sont les précédentes dates de promotion : enseigne de vaisseau, aspirant, élève, et la date d’entrée au service. Généralement, vous avez une table alphabétique à la fin de ces annuaires.

Ce que vous remarquez aussi, c’est que la petite étoile derrière le nom signifie que le marin a reçu la Légion d’honneur, ce qui permet de basculer sur la base Léonore des Archives nationales. L’interface a été revue il n’y a pas très longtemps et elle est très, très simple. Il suffit de saisir le nom du marin. Là, j’ai saisi le nom d’Eugène Potier, qui apparaissait ici. Dans les différents documents du dossier de Légion d’honneur, vous avez assez fréquemment un état des services du marin. C’est le cas : on a ici le nom de tous ses bateaux, avec le temps passé, ce qui sert à justifier les pensions.

Les dossiers individuels complémentaires

Vous avez également des dossiers individuels qui complètent les matricules pour des cas spécifiques, mais qui n’existent pas systématiquement pour tous les marins. En fait, ces dossiers concernent surtout des officiers, avec des extraits d’acte de naissance, des demandes de promotion, des états de service, des brevets de pension, des correspondances avec des administrations. Vous avez quand même un certain nombre de matelots, de soldats de marine et d’ouvriers, avec moins de pièces à l’intérieur de ces dossiers. Vous avez principalement des certificats, des justificatifs de carrière, parfois des minutes pour des versions ou des feuilles de route.

Les sources de l’Ancien Régime

Pour l’Ancien Régime, surtout le XVIIIe siècle, les dossiers sont conservés aux Archives nationales, en sous-série Marine C7. Une mise en ligne est actuellement en cours, sachant que les dossiers qui sont mis en ligne sont indexés sur deux sites : le site des Archives nationales proprement dit, et le site GénéaWiki, dans le cadre du projet « Au-delà de l’état civil ». Ce site a numérisé, de son côté, les mêmes dossiers que les Archives nationales, et en cliquant sur les différents liens, vous pouvez accéder à ces dossiers. Vous avez des indexations ici ; c’est un site contributif, donc tout n’est pas indexé, mais c’est en cours.

Sur le site des Archives nationales, dans le SIV, si vous saisissez « Marine C7 », vous allez arriver sur cette page, avec, pareil, différents dossiers, différentes cotes. Si vous cliquez sur le lien, vous allez arriver sur un document, une visionneuse de ce type, avec par exemple un extrait mortuaire pour ce marin, je vous ai fait le lien. Il est mort, assez dommage, en 1783. C’était un matelot sur le navire Le Guillaume.

Les sources post-révolutionnaires

Après la Révolution, les dossiers sont conservés au Service historique de la Défense, à Vincennes, en sous-série CC7 (donc alpha et E). Ces dossiers sont indexés dans quatre fichiers au format PDF, qui sont accessibles sur le site Internet du SHD. Vous avez ici, par exemple, un extrait, une des pages de ce fichier PDF. Ces quatre fichiers totalisent plus de 100 000 marins jusqu’en 1910. Ce n’est qu’une indexation, vous n’avez pas les dossiers en ligne, mais cela vous permet de préparer votre séance de travail au Service historique de la Défense, à Vincennes.

Le rôle de 1771, précurseur des matricules

Vous avez ensuite le rôle de 1771, qui est un peu précurseur des matricules. Le titre officiel, c’est : « Rôle général de tous les officiers mariniers, matelots de la province de Bretagne, contenant leur âge, qualité, signaux et demeure, ensemble rang de service sur les vaisseaux du Roi, divisé en 5 classes. » Donc ça, c’est vraiment le premier rôle qui a été créé après la création du système des classes en 1669. Vous avez ici la partie concernant les fiefs de Vannes. Ce document est conservé à la Bibliothèque nationale de France et a été numérisé et disponible sur le site Gallica depuis 2016. Il comprend 13 000 marins bretons, dont 2 564 Morbihannais, qui ont été indexés sur le site du CGSB. Ces marins sont répartis par « arrivé » (arrivée ?) – je pense qu’on parle de lieux d’enrôlement – puis triés par classe et paroisse, ou paroisse et classe, sachant que les quartiers maritimes n’étaient pas encore créés en 1661.

Les informations que vous allez obtenir, c’est au minimum les noms et prénoms, parfois le sobriquet, l’âge, la taille, la couleur du poil, et parfois d’autres spécialités physiques comme « boiteux » ou « louche ». Vous avez le nom du père ou un nom, le nom de la paroisse, le nom du hameau, parfois la spécialité comme charpentier, pilote, canonnier, ainsi que le nom du bateau en cas d’embarquement. Ici, on voit par exemple le nom du père parfois. Il faut faire attention, toujours pour le XVIIIe siècle, aux homonymies, à l’orthographe des patronymes, qui n’est pas toujours exacte, et aussi à l’exhaustivité des paroisses. Par exemple, on peut être assez surpris que pour l’Auray, il y ait très peu de bar… (phrase inachevée ou confusion, mais on la laisse telle quelle).

La presse officielle et les journaux

Venons-en maintenant à la presse officielle et aux journaux, qui est accessible sur Internet grâce à de nombreux sites. D’abord, vous avez le site Gallica, et puis vous avez aussi le site des Archives départementales. Vous avez de la presse ancienne, qui est assez performante. Les journaux qui sont concernés démarrent très souvent au milieu du XIXe siècle.

Je parlais donc de Gallica, des Archives départementales, vous avez aussi Google Books, puis vous trouvez aussi des numérisations sur certains sites d’archives municipales, des bibliothèques françaises, parfois étrangères, des associations et sociétés d’histoire. Vous pouvez faire des recherches plein texte. Ces documents sont OCRisés, et puis ça vous permet ensuite de rebondir sur des documents qui sont plus complets aux archives, ou même parfois de combler les lacunes des originaux.

La presse locale

Au niveau de la presse locale, vous pouvez retrouver des articles concernant les naufrages et les accidents. Vous en avez ici quelques exemples. L’un des plus vieux date de 1850. Les naufrages concernent surtout des unités de pêche lors de tempêtes, les noms ne sont généralement pas détaillés. Pour les drames concernant la Marine nationale et les grandes compagnies d’armement, les journalistes mentionnent parfois le nom de la veuve et le nombre d’orphelins. On a ici le cas dans la presse locale.

Les tribunaux maritimes

Vous pouvez aussi retrouver les jugements des tribunaux maritimes. Ce sont des tribunaux qui ont été créés seulement en 1852. Les délits les plus fréquents, c’est la désertion, l’insubordination, les vols, parfois des fautes professionnelles du capitaine. Cela peut arriver. Les mutineries et actes de piraterie sont plus rares, mais peuvent effectivement faire la une des journaux. On voit ici des démêlés de marins morbihannais qui ont été jugés dans d’autres tribunaux, ici au Havre, et même à Bordeaux. On voit bien ici qu’un capitaine est condamné, qu’il a une interdiction de commander.

Le Journal officiel et les déclarations d’absence

Nous avons aussi le Journal officiel, où peuvent apparaître des déclarations d’absence, donc des absences pour désertion ou pour disparition. Le Journal officiel, qui s’appelait avant 1869 le Moniteur universel, publie ces déclarations d’absence, commentées par un jugement préparatoire pour ces disparitions en mer, jugement rendu public par le ministère de la Justice. Vous avez ici quelques exemples d’articles dans le Journal officiel. Ces journaux officiels sont disponibles sur le site Gallica pour la période 1870-1948, et sur le site Légifrance depuis 1945.

Dans le Journal officiel, vous avez aussi des informations sur les promotions et affectations pour les officiers, officiers mariniers de la Défense. En voici un exemple. Vous avez aussi les publications d’attribution de décorations, alors pour la médaille militaire, qui a été créée en 1852, et pour la médaille d’honneur des marins de commerce, qui a été créée en 1901, pour les marins justifiant de 25 années de navigation exemplaires. C’est quelque chose d’équivalent à la médaille du travail.

Le Bulletin des lois et les pensions

Enfin, vous avez le Bulletin des lois, qui publie les différentes allocations de pension. Vous avez un exemple ici, Bulletin des lois. Ce bulletin a été indexé sur Filae.com pour la période 1811-1918. Il faut savoir que, si la loi le prévoit, le marin peut bénéficier d’une seule pension, soit une pension civile (donc correspondant à la vieillesse), soit une pension d’invalidité, ou soit une pension militaire.

Les archives des Amirautés

Nous allons finir par quelques dernières sources, surtout pour le Morbihan. Nous avons les archives des Amirautés de Vannes et de Lorient, qui se retrouvent sur le site des Archives départementales, en Série B. Vous avez ici la page concernant l’Amirauté de Vannes, avec l’ensemble des différents types de documents que vous pouvez retrouver. Là, je suis sur la partie « Congés et rôles d’équipage », puisque les Amirautés possédaient un des exemplaires des rôles d’équipage. Ces Amirautés, sous l’Ancien Régime, géraient tout ce qui concerne, en matière civile et judiciaire, la police des activités maritimes.

On voit certains types de documents qui concernent principalement, pour les hommes, la réception et les brevets de capitaine et de pilote, les levées de cadavres sur le rivage, les inventaires de hardes après décès ou disparition en mer, et donc, comme je disais tout à l’heure, les rôles d’équipage. Il existe d’autres familles qui sont en ligne pour les Archives départementales suivantes.

Bases de données et indexations diverses

Enfin, vous avez quelques bases de données, pour le Cercle généalogique du Sud-Bretagne (CGSB). C’est notamment dans la base Dolmen de 1982, inventaire de hardes de la Compagnie des Indes. Les documents originaux sont sages (?) à Lorient en série 1P – (probablement « sont conservés à Lorient »). Vous avez aussi, comme j’avais parlé précédemment, l’indexation du rôle de 1771 pour les inscrits maritimes du Morbihan.

Voilà on pourrait encore parler très longtemps sur les les autres sources mais [Musique] on va plutôt voir des questions réponses si vous le voulez bien sachant donc bien j’ai un ouvrage retrouvé un ancêtre romarin aux éditions archives et culture si vous voulez en savoir plus merci de votre attention et je vous écoute pour vos questions


Commentaires

Une réponse à “Retrouver un ancêtre marin morbihannais – Partie 3 : Annuaires, dossiers individuels, presse”

  1. […] Comment restituer la carrière d’un marin ? Grâce à : Vidéo 1 – Les matricules des gens de mer. Vidéo 3 – Annuaires, dossiers individuels, presse. […]

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